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 "De Larache au ciel" de Mohamed SIBARI

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MessageSujet: "De Larache au ciel" de Mohamed SIBARI   Lun 25 Fév - 18:54


"De Larache au ciel" de Mohamed SIBARI

Traduction française de Abdelouahid BENNANI








6" x 9", parfait reliure, crème intérieur papier (60# poids), noir et blanc encre intérieure, blanc papier extérieur (100# poids), pleines-couleurs encre extérieure

101 pages, http://www.lulu.com/content/1338428

Citation :


Mot du traducteur.


Jamais aucun autre n’a été aussi épris de Larache que le grand poète et écrivain marocain d’expression espagnole Mohamed Sibari. Aucun roman, pas une nouvelle, nul recueil, point de contes où il n’en parle. C’est à croire qu’il est l’historien officiel de Lixus.

Sibari par-ci, Sibari par-là, toute Larache le connaît. Il est là, le matin, dans son petit restaurant populaire Neptuno près du Marché Espagnol. Les démunis y sont les bienvenus. Sibari donne plus qu’il ne reçoit. On aurait dit le Patron de la ville après Lala Menana. N’a-t-il pas épousé Chérifa, la petite-fille de cette dernière?

Notre Sibari, me dit le propriétaire d’une agence de voyage. Sidi Sibari, me dit un vendeur de cigarettes en détail. Maître Sibari, me dit un instituteur qui publie dans des journaux. El Gran Sibari, me dit un poète espagnol musulman. Chérif Sibari, me dit le poète Moulay Ali Filali qui le connaît mieux que quiconque. Sibari de Larache ou Larache de Sibari? Je n’allais pas tarder à le savoir.

« - Monsieur Sibari, s’il vous plait?
- C’est le restaurant d’en bas. »
Je descends les marches du Souk et j’aperçois deux personnes assises devant l’entrée d’un petit restaurant.
« - Si Sibari, s’il vous plait?
- C’est lui-même! », répond un sexagénaire qui buvait un grand verre de thé vert sans menthe.
Un homme d’une simplicité extraordinaire qui me fera don de son dernier roman « De Larache al Cielo », -De Larache au ciel-, qui vient de paraître, avec une dédicace.

C’est le troisième livre dédicacé que je possède. « Le passé Simple », de Driss Chraïbi, et « Maqatib », -destins-, de la poétesse simpl
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Ilham Ezidi.

Un premier contact incroyable pour l’écrivain débutant que je suis. Je n’ai, en effet, que mon « Air Aphone », un recueil de poésie. Sibari, lui, en a une douzaine.

Un quart d’heure après, je vais être le traducteur de son dernier ouvrage « De Larache al Cielo », de son recueil de poésie « Poemas de Larache », -Poèmes de Larache-. Et, à ma grande surprise, il accep-te même de participer à l’édition de décembre de la revue « Poetas Sin Fronteras » que je dirige.

À aucun moment la question d’argent n’a été soulevée. Ce n’é-tait, ni pour lui, ni pour moi, une finalité.

Les rencontres avec lui vont se faire quotidiennement. Je lui présente les traductions. On en discute. Il approuve ou bien refuse. Car il connaît aussi très bien le français. Et puis, je ne veux pas émettre un mot ou une phrase sans son approbation, étant moi-même autodidacte en langue espagnole.

Les événements du dernier roman de l’écrivain marocain d’ex-pression espagnole Mohamed Sibari « De Larache au ciel » remontent aux années cinquante.

C’est en poète et en parfait conteur qu’il rapporte les paroles de Chérif Moulay Ahmed Er-Raissouni, adressées à l’intention de son pire ennemi Sylvestre, au début de ce prenant et attachant ouvrage où presque tout est véridique.

Sidi Heddi et sa confrérie ne seront plus un mystère pour ceux qui en ont entendu parler. L’auteur nous fera toute la lumière sur cette importante confrérie regorgeant de drogués, de fugitifs et d’espions appartenant au service des renseignements espagnol. Nous aurons mê-me droit au témoignage de l’un de ses amis espagnols, combien nom-breux, qui ont connu les Haddaoui.

Dar El Baroud, quartier très populaire à Tanger, trouvera l’ori-gine de son appellation à la lecture de l’histoire du Chérif Albaroud qui vint de Soumata, depuis les environs de Larache, au port de Tanger pour prendre le premier bateau espagnol dans l’histoire du pèlerinage au Maroc.

Mohamed Tayibi, le héros du roman, le petit-fils de Mohamed Albaroud, passera une enfance bien difficile après la mort de son grand-père. Tout comme les sans-logis, il connaîtra la vie de la rue, jusqu’à ce qu’une famille espagnole de Ceuta l’adopte, le baptise et lui donne le nom de Jésus Oliva.

Devenu chrétien et « Père Blanc », en apparence, il endurera les insultes des siens. S’engageant dans l’armée espagnole, il sera con-sidéré comme espion et passera soixante pénibles jours aux cachots de Bab-Zair.

L’histoire du Maréchal Amezian débutera quand Tayibi fera appel à lui pour s’engager dans l’armée marocaine comme parachutiste.

C’est en 1911 qu'Amezian fut parrainé par le roi Alfonso XIII pour monter en grade et dépasser, son ami d’armes, le Général Franco.

L’histoire du Sahara marocain et de ses Chorfa Lâaroussi, qui sont les descendants de Moulay Abdessalam Ben Mechich, nous trans-portera avant et après la glorieuse Marche Verte vers la ville de Lâ-ayoun où l’histoire prendra fin avec le retour de Tayibi à Larache avec sa femme Lâaroussi, sahraouie de pure souche, et son unique fils deve-nu médecin après ses études à Cuba pour le compte de l’Algérie.

Soixante seize pages de beauté et d’art. Un style coulant et agréable. Point de descrïptions de remplissage. Point de fantasia, ni de cartes postales locales pour essayer de plaire. Point de parenthèses pour le simple fait de rallonger. Point de grossisse-ment des moments d’intimité afin de satisfaire Eros.

Un ouvrage qui trace l’histoire d’un Maroc d’avant et d’après le protectorat. Un roman qui trace la vie d’un citoyen d’avant et d’après la misère.

Mohamed Sibari n’est pas nouveau dans le monde de la publication. Il a déjà à son actif douze ouvrages publiés. Des romans, des contes, des histoires et des recueils de poésie. Le tout en espagnol. Les hispanophones le connaissent très bien et ce n’est pas pour rien qu'il a eu la croix d’officier du mérite civil en 2003 par SM Juan Carlos I, roi d’Espagne, et le prestigieux prix littéraire Pablo Neruda en 2004.

Le but de ce premier roman traduit de l’espagnol vers le fran-çais c’est de faire partager les plaisirs de la lecture aux lecteurs non hispanophones qui connaissent très bien le grand écrivain et poète Mohamed Sibari sans pour autant pouvoir le lire.

Nous espérons répondre à cette attente avec ce travail de traduction que nous entreprenons pour la première fois.

Aussi comptons-nous sur l’indulgence des lecteurs qui com-prendrons bien que nous avons agi avec beaucoup plus de cœur que par une intention purement scientifique en rapport avec la traduction, puisque seul le cœur est artiste.

Il résulte que nous avons la chance de consulter la source, la meilleure référence qui soit, l’auteur lui-même, pour essayer de rester aussi fidèle que possible.

Abdelouahid BENNANI


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MessageSujet: Extrait: De Larache au ciel   Lun 25 Fév - 19:02

« Heddi Ben Omar, connu par Sidi Heddi contemporain de Mohamed Ben Ali Er-Raissouni cheikh de la Zaouïa de Tazrout ».
Cet ermite était un illettré et un grand fumeur de cannabis. Il mourut dans son isolement en 1219 de l’Hégire (1804 J.C).
Les membres de la confrérie de Sidi Heddi étaient appelés Bouhala ou Haddaoua.
Esprits perturbés par les drogues, ils passaient, comme leur patron, presque toute la journée à fumer du kif dans de grandes pipes appelées Rguila ou à mendier dans les kabilas au son d'un grand tambour et d’énormes tambourins.
Ils avaient de grandes barbes et une abondante chevelure. Ils s’habillaient de djellabas de laine sans capuchons ni manches.
Les djellabas en question étaient décorées avec beaucoup de bouts de tissus de toutes les couleurs.
Les gens leur donnaient du blé, de l’orge, du mais, des fèves, du pois chiche et de petites chèvres… Avec le temps, ils arrivèrent à avoir des vaches, des bœufs et des terres…
La réalité de ces hommes n’était pas ce qu’elle paraissait. Les uns étaient dans la confrérie pour leur dépendance aux drogues, certains étaient des fugitifs de la justice et d'autres des agents du service d'intelligence espagnol de Tétouan.

Diego Zambrano conte qu’un jour sa fourgonnette tomba en panne près du sanctuaire de Sidi Heddi. L'homme, bien que de nature gaie et grand farceur, était nerveux étant donné que la nuit tombait. Ne sachant que faire, il vit apparaître, à quelque deux cents mètres de lui, un Bouhali.
S'approchant du chauffeur, il dit dans un parfait dialecte marocain:
- Salam alekoum.
- Bonsoir. Répondit Diego.
- Ach andek (Qu’as-tu)?
- Machine diali ne démarre pas.
- ftah l’capot. (Ouvre le capot). L'homme l’ouvrit.
Le Bouhali enleva sa djellaba et commença à regarder et à toucher le moteur.
- Andek zit (as-tu de l’huile) ?
- Oui, la voici.
Il versa presque toute l'huile dans le moteur et Zambrano monta et démarra sa fourgonnette chargée de charbon.
Diego remercia l'homme, et comme il n’était pas du tout idiot, lui dit en espagnol :
- Si vous êtes arabe, moi je suis chinois.
Remarque à laquelle répondit tout bas le Haddaoui tout en surveillant les quatre côtés:
- Je suis officier de l’armée espagnole, ne me dénoncez pas, s’il vous plait.
- Soyez sans crainte.
Entre les fugitifs les plus dangereux, il y avait un Bouhali qui fumait des surdoses de kif.
Un jour, il vit un enfant d’une dizaine d’années près d’une rivière. Il s’en approcha et lui demanda :
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je me suis échappé de la maison.
- Pourquoi ?
-Parce que mon père m'a battu.
- Tu as faim ?
-Oui, beaucoup.
Il lui donna à manger et le conduisit en amont où, après l'avoir violé, l’assassina.
Toute la kabila commença à chercher le garçon et, au bout de trois jours, on finit par trouver son corps entre des bruyères.
Le chef de la garnison, le capitaine Martin, envoya ses soldats fouiller la région et apporter des informations.
Cette nuit là, le caïd de la kabila dit au militaire :
- On m’a dit qu’il manquait un Haddaoui au sanctuaire de Sidi Heddi, depuis trois ou quatre jours.
Monsieur Martin envoya deux soldats à chacune des kabilas de la région.
Quarante jours passèrent et le militaire était désespéré puisqu’il avait fait de cet horrible crime une affaire personnelle.
Une nuit, plus précisément le vingt-quatre décembre, et pendant qu’ils célébraient Noël, l’assistant dit à son capitaine :
- Pardonnez-moi de vous déranger mon capitaine, mais il y a un Bouhali qui demande à manger. Je lui ai dit de s’en aller, mais il ne veut pas. Je détache les chiens ?
- N’en faites rien. Ce soir c'est la nuit de la paix. Dites-lui de passer.
Autour de la table, il y avait le capitaine, son épouse et deux couples venus de Ceuta pour célébrer la nuit de la paix avec leurs amis.
L’officier lui offrit une chaise, mais le Bouhali refusa.
Après que l’assistant se soit retiré, le barbu se mit en garde-à-vous et salua le chef de la garnison.
- Je veux parler avec vous en privé, mon capitaine.
Tout le monde resta bouche bée.
- Es-tu espagnol ?
- Cela est sans importance. Je viens vous informer que j'ai vu l'assassin de l'enfant, à Larache.
- Vous en êtes sûr ?
-Absolument, puisque je le connais depuis des années. En le voyant au Petit Souk, il s'est caché et est entré dans la Médina par la porte des Guebibat.
L’un des hôtes lui offrit un verre de vin et lui demanda :
- Qui êtes-vous ?
- Je suis officier de l'armée espagnole.
Il avala d’un coup son verre de vin, fit le signe de la croix, s’agenouilla et pria devant une crèche de Jésus qui était près de la cheminée. En se relevant il dit à monsieur Martin :
- S'il vous plaît, donnez-moi quelque chose à manger et accompagnez-moi jusqu'à la porte. Je ne veux lever aucun soupçon, ma vie en dépend.
Le jour d’après, le capitaine Martin, chef de la garnison de la kabila de Soumata, envoya une lettre avec deux soldats au Contrôleur de la zone Territoriale de Lukus M. Gorrita.
Le Mokadem du quartier dit aux inspecteurs de la police qui cherchaient l'assassin :
- Il est dans le sanctuaire de Lala Menana.
Une fois arrêté, il fut menotté et conduit devant les juges religieux et les militaires espagnols où il fut condamné à mourir pendu.
Durant sa déclaration, le Bouhali confessa le meurtre de seize mineurs. Une fois la sentence exécutée, il fut enterré dans « la terre de personne », c'est-à-dire, entre le cimetière musulman et le cimetière chrétien.

Aussitôt après l'indépendance du Maroc (1956), l'armée de la libération de Larache monta, armée jusqu'aux dents, à Beni-Arous, et une fois à Sidi Heddi, confisqua tous les biens des Haddaouis.
Tous ceux qui résistaient furent tués à coups de bâton. Le mystère des grands plats de couscous qui sortaient bouillonnants du puits situé à l'enceinte du sanctuaire, fut révélé.
Il s'agissait effectivement d'un puits qui se trouvait sur le versant de Sidi Heddi. L'action géologique de la rivière qui passait sous le puits en question avait formé, par son érosion, plusieurs grottes aux alentours, avant de sécher. C’est là où les drogués avaient des jeunes filles séquestrées. Il y avait aussi beaucoup de vieilles qui croyaient à la sainteté des chevelus et une infinité de petits enfants, fruit du contact sexuel de leurs mères avec les barbus.
Tous furent emprisonnés, sauf deux espagnols qui s’identifièrent comme membres de l'armée espagnole sous le commandement du chef du service d’information et des affaires indigènes, Thomas García Figueras.
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MessageSujet: Re: "De Larache au ciel" de Mohamed SIBARI   Jeu 31 Juil - 5:00

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