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 "Chemins de solitude" de Raymond MATABOSCH

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Date d'inscription : 24/02/2008

MessageSujet: "Chemins de solitude" de Raymond MATABOSCH   Lun 25 Fév - 6:52



Préface.


Raymond Matabosch a-t-il le droit de se taire, de faire l'au-truche ou de rester muet quand la chair des hommes sent l’odeur des brochettes grillées au nom d’un dieu vengeur ou d’un homme dieu? Si dieu n’est ni vengeur ni homme, serions-nous possédés par le charme du diable, cet ange déchu, protéiforme qui incarne toutes les formes attrayantes, la chair, la femme, la sensualité que condamne toutes les religions? Baudelaire serait-il dans le vrai lorsqu’il dit que « C’est le diable qui tient les fils qui nous remuent »? Persisterons-nous dans quel genre de doute? Le doute de faiblesse ou le doute de force, selon Alain? Quelqu’un se rappelle-t-il un mois, une semaine ou même un jour, quelque part dans ce monde si vaste, sans la moindre trace d’une guerre?
Autant de questions que l’homo aditus naturoe se pose sans trouver la moindre réponse. La religion se tait, la politique fait l’autru-che et ses littérateurs restent muets.
Dans Les Chemins de la solitude, l’Errance est le sort de ces voyageurs de l’absurde et de l’impossible. Tels des automates ou des ombres dantesques, ils marchent sans jamais se trouver. Sans jamais se retrouver sauf dans le mal. Non pas le mal du siècle de Chateaubriand, mais le mal tout court.
Et cet absurde-ci, et ce mal-là durent depuis des siècles. Schopenhauer et Kierkegaard en avaient fait un sujet de réflexion dans leur philosophie. Mais, les racines du mal n’étaient-elles pas an-crées même au paradis par la présence de Satan dans l’histoire de la Pomme? Les deux premiers fils d’Adam et d’Eve ne s’étaient-ils pas entretués pour leur propre sœur? Tous les hommes du monde ne seraient-ils pas un fruit d’inceste? Et la vierge qui enfante? Et les prophètes assassinés? Et la guerre sainte? Et le meurtre politisé? Et le colonialisme civilisé? Et le massacre médiatisé? Et la torche de la liberté brandissant le feu et le fer? Avons-nous tout simplement hérité d’un monde fou?
Raymond Matabosch, écoute et écrit. Une voix forte dans son dos le presse d’écrire et d’envoyer ce qu’il voit, ce qu’il apprend et ce qu’il entend aux sept mondes. Il ne fait pas d’éloges à la manière des poètes de la cour. Il ne met pas d’habits brodés d’hypocrisie sociale. Il n’est pas, non plus, de ceux qui craignent que le monde leur tombe sur la tête. Il n’est ni fataliste ni pessimiste.Il est, par la force de son activité de volcanologue, prévoyant, méticuleux, objectif, humaniste…
On est alors loin du décalage entre le langage et la réalité car toutes les interprétations donnent lieu à une lecture équivalente. Et l’on est dans ce réalisme où les mots collent les choses sans aucun décalage entre le langage et cet autre qui parle puisque la communication intersubjective est normale et sans équivoque. Ceci serait de l’avis de mon professeur Jean Cortès, de Toulouse Le Mirail, s’il avait à faire une approche sémio linguistique des textes de Raymond Matabosch.
Dans Les Chemins de solitude si rime il y a, elle n’est là que par pur hasard. Mais lorsqu’on manie avec maestria l’art d’écrire on n’a point besoin, d’être un rimeur, un rimailleur ou un versificateur. Lorsque la nuit est aussi pécheresse que la lune ira-t-on crier justice au soleil gangréneux. Quand l'espace est un bandit d'honneur, ira-t-on porter plainte au temps? Quand des animaux civilisés peuplent la terre, la dominent, la maîtrisent, la corrompent ira-t-on demander conseil au dictateur?
Et l’on sent la force des mots, dans leur juxtaposition. Forme de volcans ou de pyramides, les mots s’abattent l’un sur l’autre. Se joignent, se séparent, forment une espèce de peinture rupestre de ceux qui illustrent des contes mythiques bantous, offrant une lecture pluriel-le grâce au balayage de l’espace et dont on tire l’unique conclusion d'u-ne chute perpétuellement renouvelée.
Raymond Matabosch, n’agit pas en poète qui pleure sur son sort. Vous ne trouverez point de textes dont la focalisation soit interne. Ni le Je, ni le Moi ne sont présents. Car le Moi est un fantoche creux et abusé de toutes les vanités que lui propose, comme des pièces, l’amour propre, selon les Moralistes. Pascal va plus loin et le qualifie de haïssable du fait qu’il a tendance à faire de soi le centre du monde et conduit par conséquent à l’égoïsme, au narcissisme… Il va encore plus loin, il le renie pour épouser l’universalité de l’autre qui absorbe ce Moi afin de le rendre moins haïssable, peu égoïste. Cet autre que toutes les démagogies humaines ou divines n’ont pu corrompre.
Les chemins de solitude, sont de longs chemins qui serpentent les plus hautes des montagnes, les plus actifs des volcans, les tremblements les plus dévastateurs, les menaces les plus probables dans l’immédiat. Car Matabosch fait en quelque sorte partie de cet autre qui n’a point de maison attitrée, toujours sur les routes et sur les chemins du monde, quelque part au contact des souffrances humaines qui ne le laissent pas de marbre. Alors il le crie et l’écrit avec des mots de feu, de souffre et de magma. Son cœur est outré par ce que les hommes font à leurs semblables ou ne font pas, des fois, quand on crie au feu ou à l’eau et que personne ne réagit laissant des centaines de milliers d’innocents périr sous un Tsunami qui a pourtant tardé des heures à toucher terre.
Raymond Matabosch, doit savoir des vérités que nous ignorons, nous qui ne voyons que le bout de notre nez. Non, il n’est pas prophète! De nos jours nul besoin de l’être pour constater la chute éminente quand on occupe les premiers rangs sur l’estrade du prévisible. Il ne revendique même pas le statut de poète. Ses pluies de vers verticaux dans leur disposition graphique portent plus qu’un message poétique. Ce sont des retombées magnifiques d’une vision véridique des êtres et des choses.
Raymond Matabosch doit voir les entrailles de la terre qui se réveille, qui se révolte, qui réclame vengeance pour ses terres, ses îles et ses montagnes qu’on rase par le plutonium pauvre/enrichi. Ma foi, il est arrivé à connaître le même sort que les humains. Ces mêmes hom-mes que le Candide de Voltaire vit « criblés de coups regardant mou-rir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglante s». Une image digne de Goya.
Et alors que Goya n’en faisait que les dessins, d’autres en faisaient des desseins....

Le 26 Mai 2007.

Abdelouahid BENNANI, poète.


éditions Poetas Sin Fronteras,2007
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