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 Mohamed El Achraki: Une métaphore du refus

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MessageSujet: Mohamed El Achraki: Une métaphore du refus   Mer 27 Fév - 3:35




Mohamed AL ACHRAKI

M. Al Achraki est né à Tanger en 1960.
Il a étudié la musique au conservatoire de Tanger et s’est spécialisé dans le luth. Il a perfectionné sa formation en s’inspirant de l’expérience de grands artistes marocains tels feu Mohamed RAIS, Moulay ELARBI, ELOUAZZANI et Abdenbi ELJIRARI.
M Al Achraki a participé à plusieurs soirées télévisées au Maroc et à l’étranger notamment en Grèce et en Ukraine. Il a enregistré un album « les bougies », et se prépare à en lancer un autre intitulé « le printemps de l’amour ».

Source: http://www.minculture.gov.ma/fr/Fest_Luth-2004.htm



UNE METAPHORE DU REFUS



Quels écrits possédons-nous sur les jeunes d'eux-mêmes, avait demandé l'auteur « des enfants majuscules » dans sa préface ? Rien ! Répond-elle qui puisse la rapprocher de leurs univers qui parait clos et infranchissable. Elle est sociologue et aurait aimé en savoir plus sur leur compte. Est-ce à dire que tous ces jeunes ne produisent rien ?

Mohamed El Achraki, répond à cette question dans ses écrits tant poétiques que prosaïques.
Ecrire, pour Mohamed El Achraki, c’est avant tout éclairer, conter et méditer. Et c’est pour ces trois principaux thèmes que nous allons esayer de développer.
Dans son poème « crier fort pour enseigner la modestie », notre ami expose tout au long de son œuvre l’idée d’un refus qui paraît contester les maux de notre présente société. Comme si la valeur humaine avait pris sa retraite et laissé le champ libre à une autre forme de ce qu’on ne peut appeler valeur. C’est plus qu’un refus, c’est une invitation adressée aux Jouvenceaux pour comparer l’ancienne avec la nouvelle génération : « Rappelez-vous bien ô jouvenceaux, consultez l’histoire de vos grands- pères, qui étaient modestes et de bon caractère, et évertuez-vous de les imiter » nous dit-il sans tenir compte de la réalité que voici : on dit bien que l’expérience parle par la bouche des hommes d’âge, mais les expériences qu’ils peuvent nous rapporter sont celles de leur jeunesse sauvée.

Voilà un point à éclaircir, au moyen d’une bougie ? Peut-être, pourquoi pas? Narrer n’est pas le seul qui caractérise la poésie moderne, il y a bien le symbolique. La « Confidence d’une bougie » en est une, c’est une œuvre, comme la précédente, qui se veut alarmante. Elle évoque la nécessité. Celle d’un être qu’on sous-estime ou qu’on ne se rappelle point. « Que dans l’immense obscurité «, l’utilité et la notion de beau s’entend. Comme pour « ma petite mandoline » qui suit le point de notre démonstration qui va jusqu’à prouver la dominance de l’esthétique dans les préoccupations de notre ami pour ses poèmes. Ce dernier étale devant nous les multiples définitions qu’emprunte la musique par la bouche des profanes et par celle des avertis. « La musique me prend comme une mer, vers ma pâle étoile, c’est notre bon vieux Baudelaire, qui nous le dévoile » ! « Moi de la musique bruit, je me méfie », dit l’autre.

Point par point, idée par idée, notre ami suit le cours de sa logique. Fidèle aux normes de la beauté, à l’espoir de montrer la voie à ceux qui n’arrivent pas à la trouver, fidèle à la musique du rime, à la « Fidélité » qui lui « A chanté un jour…Sur le seuil de la joie…Vêtue en noir…Pour notre bateau…qui…Cherchait l’introuvable horizon…La fidélité. »

L’horizon, l’introuvable ; une sorte de délivrance tant recherchée par les poètes à court de joie. Ils en font un remède à leurs souffrances en souffrance, seuls ; car ils aiment la solitude, méditer sur le pourquoi d’un amour perdu, de « l’Amant éperdu ». Dans son poème qui porte justement ce titre, notre ami illustre merveilleusement les traits d’une poésie qui se veut nouvelle dans les strophes que voici : « Le temps est un artiste audacieux ; laids ou beaux il expose ses fruits qui charment parfois, mais souvent font du bruit ». Ce n’est nullement le temps au sens propre mais une métaphore qui donne justement son sens à l’artiste oeuvrant, jour par jour, et train train enfile la peau du temps jusqu’à la rivalité. L’amour pour notre ami est une triste souffrance, mais nécessaire quand même.

C’est un asile, un point de repaire qui donne dans tous les sens de l’émotion, du sentiment et du thème poétique. Alors ? « Alors va, cher amant te plaindre, au temple de la solitude ». Pourquoi avoir recours à la méditation, aux souvenirs alors que l’objet de cette méditation est à vue d’œil ? Parce que, nous répond notre ami « Celle que j’ai aimée est un éclair nostalgique ». Rien de plus beau que d’aimer une personne qui représente une telle splendeur. Si, répond-il, mais « Celle que j’ai aimée ne distingue pas l’eau du mirage ». Sûrement que son amour lui a promis tant de choses qu’elle croit à tout ce que la vie lui présente même sous des aspects les plus utopiques. Peut-être, nous dit-il mais « Celle que j’ai aimée est le soleil indifférent de l’hiver ».Qu’il s’estime heureux si son soleil apparaît même en hiver quoi qu’indifférent, ça ne manque pas de réchauffer. En plus, le soleil d’hiver est plus lyrique qu’en été. Peut-être vrai, poursuit-il mais « Celle que j’ai aimée est un oiseau dans la tempête ». Obstination, rien de plus pour rejeter une telle créature qui signifie tant de belles choses, car quand la tempête entre en action, rien ne lui échappe. En un cri de colère, il répond « Celle que j’ai aimée a perdu toute grâce divine ».

Etait-ce vrai ou était-ce seulement un « Rêve d’hiver » ? Ce n’était ni l’un ni l’autre mais une chose encore plus grave et délicate. C’était la lassitude, vous connaissez ? Quand, teuf-teuf, nous acheminons vers une rive qui n’apparaît point sur l’horizon et que la marche risque de s’éterniser. Là, la lassitude prend forme et envahit corps et âme : « y a-t-il encore un prophète à l’horizon, apte à coudre la bonne raison ? ».C’est vrai, nous temps des poètes mais y reste-t-il des sages ? : « Ah, si j’avais à fonder l’univers ! Mon choix serait de vous rendre tous frères ! Riches, sans rancune ni tracas ! »

Apparemment, notre ami croit que la solution de la désunion réside dans un fait économique : c’est du moins ce que son écrit semble dire « La beauté et les âmes atroces », serait-il un paradoxe, une opposition ou bien un pis aller par rapport au poème précédent ? Voici ce qu’il y écrit : « Avec le grand sourire lumineux des ères dorés , elle(la beauté) jaillit du monde de la pure beauté, le monde de la splendide bonté et du grand attrait…Par son sourire saint, innocent et engageant, elle guérit les maux des dépourvus d’affection. » On peut dire au point où on est arrivé que l’équation en est à son second stade : richesse et beauté. Cette beauté qui apparaît avec le lever du soleil, avec le crépuscule, au moment où les ouvriers se rendent à leurs chantiers, les laboureurs à leurs champs florissants, et retenez-le bien, les écoliers aux écoles. Il faut avoir des « Cœurs durs » comme il le dit dans un autre poème pour ne pas distinguer le beau de ce qui ne l’est pas.

Autre invitation de Refus. Mais un refus, cette fois-ci violent comme les mots qui sont utilisés : « Les fruits de votre hostilité latente…sont mûrs ! Cueillez-les et rien d’autre ne compte ô foule flétrie ! ».

Nous disons donc un refus qui s’étale par ailleurs jusqu’à devenir une protestation qui se réfère au point initial de la création : « Pourquoi suis-je né…Une question qui me guette. A travers les siècles…Et avec son épineuse baguette…Fouette mes jours surannés ». Ceci, il l’avait dans son poème intitulé « Pourquoi sus-je né ? »

Une question qui nous est familière. C’est plutôt la réponse qui ne l’est pas. C’est en effet « Une question audacieuse, persistante qui, malgré tout, s’impose dans un monde borné ».

Evidemment, les préoccupations de notre jeunesse ne se bornent pas à des problèmes tels que le milieu familial, l’amour, mais aussi à ceux qui portent sur les grandes questions métaphysiques ou humains. Ils sont les premiers à être touchés par les Affaires, qu’on dit si mal, d’Adultes. Ce sont les futurs dirigeants, les futurs responsables et les futurs écrivains.

Il yen a qui font danser leurs poèmes quant à El Achraki, il les fait marcher, notamment par le moyen de la ponctuation de laquelle ses œuvres ne se sont pas encore libérées. Nous disons cela en tenant compte du problème de la relation entre le rythme et la phrase poétique. Car la disposition typographique, s’il y en a , devrait suffire à donner à un mot son poids signifiant. Et en ajoutant la ponctuation, l’une aurait des effets néfastes sur l’autre, au point de vue rythme. Sans oublier par cela l’impression de lenteur que peut procurer la ponctuation à l’œuvre. Et la lenteur de " son associée à la lenteur de sens exprimé, donne un remarquable effet de concordance son/sens."

La jeune littérature emprunte et renouvelle. Elle emprunte, car elle est une continuité de celle, précédente, qui continue à occuper les places de premier choix dans les archives universitaires. Nous parlons, bien sûr, de l’écrit marocain d’expression française qu’on ne sort de sa tombe que quand on est à court de textes. Encore étudiants, nous ne connaissons que Sefrioui pour sa « Boite à merveilles ». Nous étions des privilégiés, pour sûr, parce que nos camarades des autres classes n’en connaissaient aucun. Est-ce à dire que nos écrivains d’expression française n’étaient pas comme on aime à le dire, à la hauteur ? Il n’en est même pas question, car ils ont seulement des ennemis, énormément d’ennemis. Pourquoi ?

Abdelouahid Bennani

Journal L'Eclaireur, Tanger, 1980
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